|
Culte du 27 mai 2007 Prédicateur : Marie Claude WOLFF Veuillez cliquer sur le bouton lecture pour écouter la prédication. Pour télécharger le fichier cliquez ici (Clique droit, "enregistrer la cible du lien sous") « Suivre Jésus, selon l’évangéliste Matthieu » Lecture biblique : Matthieu 28 : 16-20 « Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques-uns eurent des doutes. Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Message : Suivre Jésus, oh, j’en ai entendu parler plein de fois, allez-vous peut-être me dire. Mais comme l’apôtre Pierre, je vous réponds : « Je ne cesserai de vous rappeler ces choses, bien que vous les sachiez déjà et que vous soyez fermement attachés à la vérité qui vous a été présentée. J’estime juste de vous tenir en éveil par mes rappels, tant que je serai encore de ce monde » (2 Pierre 1 :12-13) , alors voilà ! J’aimerais vous inviter aujourd’hui à une galerie de peintures, plus spécialement à une galerie de portraits. Vous savez, au Louvre, on a par exemple une peinture de Napoléon, en uniforme de général sur une cheval blanc. Puis plus loin, on a un tableau de son couronnement, où on le voit en train de sacrer Joséphine dans Notre-Dame. Et on pourrait imaginer, mais il n’existe pas un tel tableau, Napoléon en famille, avec sa femme et son fils…C’est le même Napoléon historique, simplement représenté de différentes manières, à différents moments de sa vie. De la même façon, l’évangile de Matthieu est différent de celui de Marc, ou de Luc ou de Jean. Tous ont dépeint le même Jésus historique, et ses disciples, mais d’un regard différent. Matthieu représente Jésus comme le nouveau Moïse, le nouvel enseignant qui apporte une nouvelle Torah, avec cinq grands enseignements. Voyons donc cette galerie de portraits. Tout d’abord, le premier tableau, les disciples de Jésus. Ces derniers, dans l’évangile de Matthieu, sont représentés comme un groupe, comme un personnage collectif. Ils sont désignés comme « les disciples », « les douze », « les petits », « les frères », mais surtout par le terme « les disciples », , et même « ses disciples », par exemple en Matthieu 5 :1 : « Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. », 8 :23 : « Jésus monte dans la barque et ses disciples l’accompagnent. », 9 :10-11 : « Comme Jésus était à table dans la maison, voici, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie vinrent se mettre à table avec lui et avec ses disciples. Les pharisiens virent cela, et ils dirent à ses disciples: Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie? », 9 :19 : « Jésus se leva, et le suivit avec ses disciples. », 9 :37 : « Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. » , 12 :1 : « En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger. », 13 :10 : « Les disciples s’approchèrent, et lui dirent: Pourquoi leur parles-tu en paraboles? » Ainsi, par l’expression « les disciples », Matthieu insiste qu’on ne peut pas être disciple seul . Ensuite, par l’expression « ses disciples, il signifie qu’on est disciple de quelqu’un, on appartient à Jésus : on le suit, et on dépend de lui, on ne peut pas être disciple indépendant. Enfin, en Matthieu 28, nous lisons aussi que la marque du disciple est le baptême, c’est à dire, mourir à sa vieille vie et naître à une nouvelle vie pour entrer dans la communauté des croyants. Le baptême n’est pas une option. Jésus ne force bien sûr personne à le suivre. Mais celui qui choisit de le suivre ne pourra pas dire : « Je suis disciple, mais je fais ce que je veux de ma vie. » ou « Je suis disciple, mais j’ai ma foi personnelle », ou « Je vis ma foi chez moi. »
Allons maintenant un peu plus loin. Il y a un autre portrait, celui du nouveau Moïse. L’enseignement est le premier ministère de Jésus. Regardons Matthieu 4 :23 : « Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. » et Matthieu 9 :35, qui sont deux versets quasi identiques : « Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité. » Jésus, l’enseignant. Et le portrait des disciples, c’est celui de gens qui écoutent, qui comprennent, qui mettent en pratique. Matthieu 5 :1 : « Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. » Matthieu 11 :1 : « Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays. » Quand Matthieu fait parler les disciples dans son évangile, ils sont en train de poser une question à Jésus. Matthieu 13 :10 : « Les disciples s’approchèrent, et lui dirent: Pourquoi leur parles-tu en paraboles? », Matthieu 15 :12 : « Alors ses disciples s’approchèrent, et lui dirent: Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés des paroles qu’ils ont entendues? », Matthieu 15 :15 : « Pierre, prenant la parole, lui dit: Explique-nous cette parabole. » Les disciples ne comprennent pas tout de suite, comme nous le voyons, et cela peut nous encourager. Mais Jésus leur explique, et ils finissent par comprendre, comme on peut le lire en Matthieu 13 :36 : « Alors il renvoya la foule, et entra dans la maison. Ses disciples s’approchèrent de lui, et dirent: Explique-nous la parabole de l’ivraie du champ. » puis Matthieu 13 :51 : « Avez-vous compris toutes ces choses? -Oui, répondirent-ils. », ou encore en Matthieu 16 :9 et 16 :12 : « Vous ne comprenez pas encore? Souvenez-vous des cinq pains pour les 5 000 hommes! Ce jour-là, vous avez emporté combien de paniers? » et « Alors ils comprirent que ce n’était pas du levain du pain qu’il avait dit de se garder, mais de l’enseignement des pharisiens et des sadducéens. » Mais il ne faut pas juste écouter, il faut aussi obéir, et c’est une caractéristique sur laquelle Matthieu insiste dans son évangile. Matthieu 7 :21-24 nous dit : « Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. » Allez-vous en, vous qui faites le mal. Voilà là où est le problème, « vous qui faites le mal ». Des disciples, nous avons un autre portrait, plus sombre, un peu comme dans certains tableaux comme Rembrandt, et cela m’a personnellement beaucoup bouleversée. Il s’agit des disciples dépeints avec une petite foi. A plusieurs reprise, Jésus s’adresse à ses disciples en les appelant « gens de petite foi », en Matthieu 6 :30 « Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi? », 8 :26 « Il leur dit: Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. », 14 :31 « Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? », 16 :8 : « Jésus, l’ayant connu, dit: Pourquoi raisonnez-vous en vous-mêmes, gens de peu de foi, sur ce que vous n’avez pas pris de pains? », 17 :20 « Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon? C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible. » Jusque dans la conclusion de l’évangile, on lit que le doute est resté chez les disciples : « Mais certains eurent des doutes ». Je ne sais pas ce que cela vous fait, de voir les disciples dépeints de cette façon, avec un tel manque de foi. Ils ont suivi Jésus, et vu ses miracles, Pierre a confessé Jésus comme étant le Messie, le Fils du Dieu vivant, ils l’ont vu ressuscité…et pourtant, jusqu’à la fin, « certains eurent des doutes » ! En comparaison, la grande foi des païens est d’un grand contraste. Matthieu nous le dit dans l’histoire de l’officier romain dont le serviteur était malade: « Comme Jésus entrait dans Capernaüm, un centenier l’aborda, le priant et disant: Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie et souffrant beaucoup. Jésus lui dit: J’irai, et je le guérirai. Le centenier répondit: Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Car, moi qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres; et je dis à l’un: Va! et il va; à l’autre: Viens! et il vient; et à mon serviteur: Fais cela! et il le fait. Après l’avoir entendu, Jésus fut dans l’étonnement, et il dit à ceux qui le suivaient: Je vous le dis en vérité, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi. » (Matthieu 8 :6-10) On le voit aussi dans l’histoire de la femme syrophénicienne dont la fille était tourmentée par un démon : « Jésus, étant parti de là, se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne, qui venait de ces contrées, lui cria: Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon. Il ne lui répondit pas un mot, et ses disciples s’approchèrent, et lui dirent avec instance: Renvoie-la, car elle crie derrière nous. Il répondit: Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Mais elle vint se prosterner devant lui, disant: Seigneur, secours-moi! Il répondit: Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus lui dit: Femme, ta foi est grande; qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. » Cela m’interpelle beaucoup, car je suis comme ces disciples. J’ai vu le Seigneur agir dans la vie, je le connais depuis 25 ans, et il m’arrive encore de douter devant des difficultés : Seigneur, est-ce que ce sera possible pour moi de trouver un appartement avec le salaire que j’ai ? Est-ce que tu pourras répondre à mes besoins les plus profonds ? Oui, ressembler aux disciples dans leur manque de foi m’a humiliée, mais en même temps, encouragée, car Jésus a continué avec ces disciples et leur a confié sa mission. La foi, dans l’évangile de Matthieu, c’est de croire en un Dieu qui est le Père qui prend soin de ses créatures, et c’est aussi croire en l’autorité de la parole du Seigneur, tout comme le centurion romain qui disait « Je dis à mon serviteur : Viens ! et il vient, Va, et il va ; Fais cela, et il le fait. » et a cru que Jésus avait la même autorité sur toute puissance et toute autorité dans le monde visible et invisible.
A présent, voyons le portrait de Jésus dans l’évangile de Matthieu. Matthieu 10 :24-25 nous dit : « Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. » Jésus est digne de confiance, il dit ce qu’il fait, et il fait ce qu’il dit. Il est parfaitement cohérent, et nous le voyons tout au long de l’évangile, à la fois dans le contenu de l’évangile et dans l’ordre lequel Matthieu a choisi de décrire les événements. En Matthieu chapitre 3 et 4, nous avons le baptême et la tentation de Jésus. Lors du baptême, il est entré dans les eaux du Jourdain pour y prendre les péchés du peuple qui y a été baptisé par Jean Baptiste. Lors de la tentation au désert, il cite trois fois le Deutéronome. Jésus accomplit la justice de Dieu, et il accomplit l’Ancien Testament dans les chapitre 3 et 4. Et au chapitre 5, verset 17, il le dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » Ainsi, Jésus fait, et il le dit. Au chapitre 7, versets 28 et 29 : « Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes. », Jésus parle avec autorité. Et cette autorité se manifeste en actions aux chapitres 8 et 9, lorsque Jésus guérit les malades, calme la tempête, chasse les démons. Au chapitre 19, versets 2 et 3, il parle de la communauté des croyants et parle d’accueillir les petits, et la nécessité de leur ressembler, c’est-à-dire, d’être dépendants du Père. « Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, Dans Matthieu 5 :5, Jésus dira : « Bienheureux les humbles… », et en Matthieu 21 :5, il entrera à Jérusalem, monté sur un âne, accomplissant la prophétie de Zacharie Matthieu brosse le portrait d’un Jésus digne de confiance, cohérent, qui fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Cela met en lumière notre petite foi et notre propre incohérence, lorsque nous disons qu’il est notre Seigneur, mais que nous n’obéissons pas ou que nous n’avons pas confiance en lui. Jésus est notre modèle parfait, notre enseignant. En Matthieu 4 :17, il commence son ministère en disant : « Changez, car le règne de Dieu est proche. » Et que le règne de Dieu soit proche, il le démontre par ses actes. Puis en Matthieu 10 :7 et 8, il envoie ses disciples avec le même message et les mêmes actes à accomplir: « Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. » Je voudrais vous poser une question : à quel portrait ressemblez-vous et pourquoi ? Auquel aimeriez-vous plus ressembler, et pourquoi ?
Que le Seigneur puisse vous encourager tout au long de la semaine à venir par ces différents portraits, et vous aider à le suivre, car il en est digne. Et je termine en vous laissant cette parole d’encouragement de Jésus, à la fin de l’évangile de Matthieu : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » |