Culte du 25 mars 2007                                                      Prédicateur : Yesan LEE

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« L’attitude du chrétien face à la souffrance »

 

Lecture biblique :

 

Psaume 13
Au chef des chantres. Psaume de David.

Jusques à quand, Eternel! m’oublieras-tu sans cesse?
Jusques à quand me cacheras-tu ta face?
Jusques à quand aurai-je des soucis dans mon âme, Et chaque jour des chagrins dans mon cœur?
Jusques à quand mon ennemi s’élèvera-t-il contre moi?
Regarde, réponds-moi, Eternel, mon Dieu!
Donne à mes yeux la clarté,
Afin que je ne m’endorme pas du sommeil de la mort,
Afin que mon ennemi ne dise pas: Je l’ai vaincu! Et que mes adversaires ne se réjouissent pas, si je chancelle.
Moi, j’ai confiance en ta bonté,
J’ai de l’allégresse dans le cœur, à cause de ton salut;
Je chante à l’Eternel, car il m’a fait du bien.

 

Message :

Bonjour ! Merci de m’avoir invitée à prêcher dans votre église. J’espère être à la hauteur de vos attentes. Prions pour remettre ce moment entre les mains de notre Seigneur.

Tout le monde a sans doute vu « Le Seigneur des anneaux ». Dans le premier épisode, Frodon, après avoir survécu à maintes difficultés, ressent le poids écrasant de sa mission, s’écrie, dans un moment de profond découragement : « Oh, je voudrais que l’anneau ne fût jamais venu jusqu’à moi ! », et Gandalf lui répond que le choix ne vient pas de lui, et qu’il lui est juste donné de pouvoir décider de sa prochaine action en conséquence.

Nous avons lu ensemble le psaume 13, et je voudrais en tirer trois points : la souffrance du croyant, la fidélité de Dieu, et l’exemple de David.

1- La souffrance du croyant
L’auteur de ce psaume est le roi David. Il se trouve alors dans une situation très inconfortable, fuyant devant son fils aîné qui veut lui ravir son trône. Il y a là la souffrance physique, toujours être obligé de fuir, et la souffrance du cœur, car c’est son propre enfant qui veut le tuer !
Souvent, on croit qu’en devenant chrétien, toutes nos difficultés seront résolues, et que nous n’aurons plus de problème. Ce n’est pas vrai, et dire cela, c’est mentir aux nouveaux convertis. Nous aurons toujours des luttes et des souffrances. On peut se sentir seul, on pense que personne ne nous comprend, ou même que personne ne peut nous comprendre, et on se replie sur soi. La souffrance rend aveugle, voire parano, elle fait tourner nos regards vers nous-mêmes et plus sur les autres. Et du coup, nous ne regardons pas Dieu non plus. Parfois, on ne voit même pas la lumière au fond du tunnel. Alors, on maudit le sort, on accuse Dieu. Oh, pas forcément de nous envoyer ces difficultés, mais on peut lui reprocher son silence. Tout comme Bruce Tout-Puissant, ce présentateur télé qui n’arrive à rien, et qui est persuadé que Dieu se fiche éperdument de lui. On dit à Dieu: « Où es-tu ? », « Es-tu sourd ? » Le doute s’installe, l’espoir nous quitte.
David répète quatre fois l’expression « Jusques à quand …? » David cherche Dieu, mais Dieu semble silencieux, et c’est un silence qui dure. Les croyants qui souffrent seraient-ils moins croyants que les autres ? Certes non. David est l’exemple même du croyant resté fidèle à Dieu et qui souffre. 
Alors, que faire en pareil cas ? Implorer Dieu. Au début, lorsque nous rencontrons des problèmes, nous avons tendance à encore compter sur nous, nos forces, notre sagesse.

2- La fidélité de Dieu
David demande à Dieu d’éclairer ses yeux.
Car lorsque nous sommes tourmentés par des sombres pensées, par des doutes cruels, il faut nous ressaisir, et nous rappeler de ce que Dieu est, de ce qu’il a fait pour nous dans le passé. Il faut détacher notre regard de notre souffrance, sans la nier, pour regarder à Dieu.
Et la foi a remporté la victoire.
Après des phrases sombres, fatalistes, éclatent des phrases gonflées de foi.
Etre chrétien ne nous met pas à l’abri des difficultés. Etre cambriolé, être agressé verbalement ou physiquement, etc…personne n’a le monopole de la douleur, elle est là pour tout homme et fait partie de la vie. C’est difficile d’affirmer notre foi dans un pays laïque, où on ne peut par exemple parler de Dieu à l’école, ou d’affirmer nos valeurs morales, alors que l’adultère est quelque chose de normal pour notre société. Jésus a bien dit, en Jean 16 :33 : « Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » Et la Bible nous rappelle : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8 :31) Nous continuons à vivre dans le monde, mais rappelons-nous, nous sommes simplement en transit.
La vie n’est pas un long moment de joie et de bonheur ; elle se déroule par cycles. A un moment, tout va bien, la vie nous sourit, puis paf, c’est une épreuve qui nous tombe dessus, puis au bout de quelque temps, ça s’arrange, puis à nouveau, d’autres coups durs et ainsi de suite…c’est ce qui est dit dans l’Ecclésiaste : il n’y a rien de nouveau sous le soleil…
Mais David a tourné ses yeux, non vers sa personne, mais vers Dieu. Et il est pleinement assuré de son salut. C’est sur l’amour de Dieu, et non sur ses propres mérites, que David a fondé sa confiance. Dans les autres religions, on achète les faveurs des dieux par des cadeaux, des services, et on espère qu’en raison de ces dons, les dieux favoriseront la réussite. Mais pour nous, ce n’est pas comme ça que ça marche. Ce n’est pas parce que vous participez au groupe de louange, ou que vous faites quelque chose à l’église, que vous obtiendrez plus aisément la faveur de Dieu. Réfléchissez : tout ce que nous pourrions donner à Dieu lui appartient déjà en réalité !
Esaie 66 :1 dit :
« Ainsi parle l’Eternel: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure? »
Et Actes 17 :24-25 dit :
« Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses. »
Ce que Dieu veut de nous, c’est notre foi, c’est que nous le reconnaissions comme le Dieu de l’univers, comme notre Seigneur.
David sait que le Seigneur est fidèle. C’est son caractère, et cela ne peut changer. Il est le même, hier, aujourd’hui et demain. Dieu est fidèle à sa parole, à ses promesses. Il a promis le Saint Esprit dans l’Ancien Testament, dans Joël, Ezéchiel, et cela s’est réalisé dans le Nouveau Testament. Ainsi, s’il nous a dit qu’il reviendra, c’est qu’il reviendra.
Mais nous, de notre côté, saurons-nous faire preuve de fidélité dans l’épreuve ? Dieu a prouvé son amour envers nous en donnant son Fils, le Seigneur ne nous abandonne pas. Alors, faisons-lui confiance aussi.
Psaume 106 :1 dit : « Louez l’Eternel! Louez l’Eternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours! »
C’est ainsi qu’il nous faut toujours prier : en comptant sur la miséricorde de Dieu , et sur rien d’autre.
Luc 21 : 17 nous dit : « Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. Mais il ne se perdra pas un cheveu de votre tête.»

3- L’exemple de David
David exprime dans ce psaume tristesse et joie d’une façon toute simple. Il nous montre par là que nous pouvons exprimer librement tous nos sentiments devant Dieu. Notre Dieu est grand, il est au dessus de sa création - nous ne devons pas penser qu’il fait partie de sa création, qu’il est dans une fleur, ou dans un astre par exemple. On ne peut pas se cacher de lui ; même les ténèbres deviennent lumière en sa présence, nous dit la Bible. Dieu est infini. Et nous, nous sommes des créatures finies, en comparaison. Notre intelligence ne peut saisir Dieu. Et nous devons respect à Dieu. Il n’est pas notre  ami, notre « pote». Pensez juste à ce qui se passait dans l’Ancien Testament, où dans le Temple se trouvait le Lieu Très Saint, séparé des autres parties, et où seul le souverain sacrificateur avait le droit d’entrer, une fois par an seulement, après une série d’ablutions strictes ! Mais grâce à l’œuvre accomplie par Jésus-Christ, nous avons été purifiés de nos souillures pour pouvoir rencontrer Dieu, nous avons été adoptés, nous sommes entrés dans la famille de Dieu, et avons accès auprès du Père. Jean 4 : 23-24 dit : « Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.  Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. »

Si Dieu est élevé, il est aussi celui qui écoute nos prières, et qui nous donne le droit de nous exprimer librement devant lui. Nous pouvons lui faire part de notre colère, de nos doutes, et même, comme Job, de notre incompréhension. « Mais Seigneur ! Je ne comprends pas ! Pourquoi… ? » Il n’y a pas de honte ni de timidité. Dieu veut faire partie de notre vie, que ce soit dans les moments de joie ou dans les moments de peine. Si nous vivons de cette manière, nous maintiendrons notre communion avec lui.

Pour terminer, je voudrais vous redire cet épisode de la vie de Pierre. Un soir que les disciples étaient dans une barque pour traverser un lac, ils voient, terrorisés, Jésus marchant sur les eaux et venant à leur rencontre. Jésus les rassure en leur disant « C’est moi, n’ayez pas peur ! ». Alors, Pierre prend la parole et dit : « Seigneur, ordonne-moi d’aller marcher sur l’eau aussi ! » et Jésus lui dit « OK, viens ! ». Pierre sort de la barque et marche effectivement sur l’eau. Tant qu’il regarde Jésus, ça va, mais bientôt, il commence à regarder l’eau sous lui, les flots, et, prenant peur, commence à couler… C’est la même chose pour nous. Donc, tenons nos regards fixés sur Jésus.
Dieu, lui, a toujours le regard sur nous.

Le Seigneur apprécie la sincérité de nos mots, pas seulement nos mots de reconnaissance ou de louange, ou d’amour ; nos mots de colère ou de peine aussi. Que votre cœur se réjouisse, car Dieu a son regard sur nous ! Voilà ! Je voulais vous dire tout simplement : « On peut tout lui dire ! »

 

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