Culte du 20 mai 2007                                                         Prédicateur : Pasteur Thomas CHAN

« La paix dans le monde commence avec moi »

 

Lecture biblique :

2 Corinthiens 5 : 17-21

Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.
Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation.
Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.
Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu!
Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

 

Message :

Je remercie le Seigneur de m’avoir donné l’occasion de venir en Europe durant trois semaines, pour rendre visite à différentes églises. J’ai pu participer à la célébration du 30ème anniversaire de votre église, de même qu’à la cérémonie de consécration du pasteur Nguyen. Et j’ai eu l’honneur de parler à la Conférence Internationale Missionnaire des Leaders qui a eu lieu cette semaine, où nous avons eu plus de 150 participants venus d’Europe, et une vingtaine de pasteurs et missionnaires. C’est mon espoir que de nouveaux leaders pourront se lever pour servir Dieu, et je remercie Dieu pour les vocations qui ont été suscitées.

Je fais souvent des rêves, des rêves qui me remplissent de frayeur. Je suis réellement atterré par tous les événements de violence qui surviennent, autour de nous. Il y a eu une fusillade à Dawson College, à Montréal. C’est l’université où mes deux fils ont étudié, et le jour où la fusillade a eu lieu, il y avait des jeunes de notre église qui étaient au campus. Heureusement, ils étaient sagement à la bibliothèque en train de travailler, et ils n’ont rien eu. Je ne suis pas seulement atterré par la violence. Dernièrement, ce n’est pas la violence qui m’a fait me réveiller en sursaut, c’est ce qui se trouve derrière cette violence. C’est la haine, et la tristesse, à l’origine de la violence, qui m’ont effrayé. Tellement de gens naissent dans cet environnement de haine et de violence, de guerre. Ils la boivent avec leur lait, ils la mangent avec leur nourriture. Comment, dans pareilles conditions, peuvent-ils comprendre ce qu’est l’amour ?

Beaucoup d’entre nous aiment regarder des séries chinoises. Mais même s’ils semblent raconter une histoire d’amour, la trame du récit, à regarder de plus près, c’est la haine. Vous savez, dans ces films où un père, avant de mourir, dit à son fils : « Jure-moi que tu vengeras ma mort… ». Et le fils va tuer les gens qui ont fait mourir son père. Mais ceux-là, avant de mourir, demandent à leurs fils de les venger aussi. Et cela est sans fin.

Certains, comme ma femme, préfèrent alors regarder des films coréens. C’est plus gentil. Dans ces films, il n’y a jamais de méchant ou de traître, et donc, pas de vengeance ou de haine. Mais j’ai remarqué une chose, c’est qu’ils ne propose invariablement que trois sortes de scénarios : le héros est atteint soit de leucémie, soit de démence précoce, ou encore, il s’aperçoit que la femme dont il tombe amoureux est en réalité sa sœur, et qu’ils ne peuvent donc pas se marier…

Regardons à présent les films occidentaux. Batman est basé sur la vengeance. Kill Bill aussi, et comme en un film, il n’a pas réussi à éliminer toutes les personnes, il y a Kill Bill 2…mais je ne crois pas qu’il y aura un Kill Bill 3 puisque dans le 2, tout le monde est déjà mort… C’est pareil pour Ocean’s Eleven, ou Twelve, etc…

En comparaison, j’admire beaucoup la réaction du pape Jean Paul II. Un jeune Turc musulman a essayé de le tuer, mais l’attentat a échoué. Le jeune homme a été arrêté, et le pape, une fois remis de ses blessures, est allé le trouver en prison, et lui a dit face à face « Je te pardonne. » A cette époque, cela a fait la une des journaux, et le Times a écrit : « What the world needs now is love » - « Ce dont le monde actuel a besoin, c’est l’amour ». Aux Etats-Unis vit la communauté des Amish. Ils sont retirés du monde, et on peut penser qu’ils seraient tranquilles, n’étant ennemis de personne. Pourtant, une fusillade a eu lieu tout de même dans leur communauté, tuant plusieurs jeunes filles. La cérémonie pour les funérailles de ces jeunes filles a été particulièrement émouvante, mais ce qui a été le plus émouvant, c’est qu’ils sont également allés à la cérémonie de funérailles des meurtriers, et qu’ils ont dit, publiquement : « Nous vous pardonnons. »

Ce dont le monde a besoin aujourd’hui, c’est de pardon. Qu’est-ce qui est le plus difficile ? De détruire une maison, ou de la bâtir ? On a tendance à dire que détruire, c’est plus facile que construire. Pourtant, il y a des murs qui sont plus difficiles à détruire qu’à construire. Pensons au Mur de Berlin. Ce mur représentait beaucoup de haine, et il n’a été démoli que quarante à cinquante ans après avoir été construit ! Et les murs qui sont érigés entre personnes sont encore plus difficile à abattre. Lorsqu’on est égocentrique, lorsqu’on pense que son point de vue est le plus important, cela érige des murs. Je voudrais vous dire, par rapport à tout cela : « Ne soyez pas des bâtisseurs ». Même si détruire un mur, c’est parfois plein de danger.

Dans le salut que Dieu nous donne, il y a une autre dimension. Dieu ne se contente pas de nous dire : « Voilà, je te donne le salut. » Avec le salut, il détruit aussi les murs de séparation.

Au jardin d’Eden, Dieu avait dit à Adam et Eve : « Le jour où vous magnerez du fruit de l’arbre défendu, vous mourrez. » Mais est-ce qu’Adam et Eve sont morts tout de suite après qu’ils aient désobéi ? Non. Alors, que signifie « Vous mourrez » ? Cela signifie la rupture, la séparation d’avec Dieu. Et c’est la raison pour laquelle les gens vivent solitaires, car leur relation a été rompue avec Dieu, et leur relation  avec les autres est rompue également.

Si vous demandez à quelqu’un : « Que souhaitez-vous ? », particulièrement si c’est un enfant, il dira : « La paix dans le monde ». Tout le monde le souhaite, mais hélas, ce n’est souvent qu’un souhait, quelque chose qui n’arrive pas. Simplement parce que la paix dans le monde commence par soi. Il ne faut pas espérer de grands changements, mais commencer par les petites choses. Un jour, on a posé cette question à Mère Thérésa : « Comment avez-vous pu sauver tant de lépreux, en Inde ? » Elle a juste répondu : « Un par un ». Alors, ne pensons pas trop grand. La paix dans le monde commence par la paix entre vous et une autre personne.

Regardons le passage biblique que nous avons lu ensemble. Pour bien lire la Bible, il faut regarder les mots clé, et ensuite, faire le lien entre ces mots clé. Ici, on a plusieurs fois l’expression : « réconciliés avec lui », « en Christ », et rattaché au mot « réconciliation », les mots : « doctrine » et « ministère ». Avec cela, nous comprenons tout.

Tout d’abord, « réconciliation ».
Si quelqu’un n’a pas expérimenté lui-même la réconciliation avec Dieu, il ne peut pas comprendre ce qu’est la grâce. Remarquez que c’est Dieu qui fait tout, que c’est lui qui fait le premier pas vers nous.
Ici, qui est l’offensé, la victime ? C’est Dieu. Et c’est nous quoi avons offensé Dieu. Et donc, c’est l’offensé qui doit faire le premier pas. Dans la vie, nous nous considérons tous comme victime, et donc, nous attendons que la personne vienne nous demander pardon, mais ce faisant, on pourrait attendre jusqu’au retour de Jésus…Si Dieu avait fait cela, s’il avait attendu que nous venions à lui, pour reconnaître nos torts et demander pardon, eh bien, on serait tous en enfer avant…Retenons bien cet enseignement biblique : c’est à la personne offensée, c’est à la victime de faire la démarche de pardonner l’offenseur. C’est aussi ce que nous lisons en Romains 12 : 17-21 :
« Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête.  Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. »

Ensuite, « en Christ ». Parfois, nous avons besoin d’un médiateur, et ce médiateur doit se sacrifier. Regardez ce qu’a vécu Jésus. Il a été rejeté des hommes, condamné et crucifié. Les hommes ont dit : « Nous n’en voulons pas ! » Et sur la croix, Jésus a eu cette parole : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Rejeté des hommes, rejeté de Dieu…

La véritable réconciliation n’est pas une chose facile, cela requiert une vraie résolution du problème. On ne peut pas juste passer l’éponge à la légère.

Nous aspirons ô combien à l’effacement de notre passé ! On accepterait tous les moyens pour cela ! En Inde, les gens vont se baigner dans le Gange, dans l’espoir d’être purifiés. Au Népal, les gens montent les marches du temple sur leurs genoux. A Hong Kong, on brûle les cochons…L’homme voudrait tellement être lavé de son péché ! Mais « un léopard ne peut enlever les tâches de son pelage. »

Pourtant, c’est ici la promesse divine. « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. » Pour nous, tous nos péchés ont été placés sur Jésus-Christ, et lorsque Dieu nous regarde, in ne voit plus nos péchés. Nous avons changé d’identité. Nous avons changé de compte bancaire. De débiteur, il est passé à créditeur, car Jésus a payé nos dettes à notre place.

Si vous lisez Jérémie 33 ou Hébreux 8, vous verrez que Dieu parle d’une nouvelle alliance. Il dit : « Je ne me souviendrai plus de leurs péchés. » On le dit souvent : « Forgive and forget » -« Pardonnez, et oubliez ». Mais à moins d’avoir la maladie d’Alzheimer, on ne peut pas oublier ! Comment peut-on oublier ?…On ne peut pas ! La signification de cette phrase « Je ne me souviendrai plus de leurs péchés », c’est :« Je choisis de ne plus me souvenir de leurs péchés. »

C’est une chose très importante pour la bonne santé au sein d’un couple, ou dans nos relations les uns avec les autres. Souvent, on entend lors d’une dispute les deux parties ressortir d’anciens griefs, et cela peut même remonter aux générations précédentes, envenimant les choses.

Dieu choisit de ne pas se rappeler.

Lorsqu’on fait ce choix également de ne pas se rappeler une offense, alors celle-ci prend moins d’importance dans notre esprit, et les bons souvenirs vont peu à peu effacer ce mauvais souvenir.

Mais expérimenter la réconciliation avec Dieu n’est pas suffisante encore. Il faut la partager. C’est ce que la Bible dit : « Nous faisons fonction d’ambassadeurs pour Christ », suppliant les gens : « Soyez réconciliés avec Dieu ! » Etre ambassadeur est une fonction prestigieuse, et nous sommes ambassadeurs de Dieu. Et en même temps, quelle humilité requise, aller supplier les gens !

Dans ce ministère de la réconciliation, Dieu a déjà fait son travail. Jésus a déjà fait son travail aussi : il est mort sur la croix, et nous a confié ce ministère de réconciliation. Alors, d’où vient qu’il y ait toujours des problèmes et de la haine dans le monde ? Parce que le problème, c’est nous. Nous n’avons pas accompli notre rôle.

Comme on le dit : « Je t’ai dit de faire ça, mais tu n’as pas entendu ; tu entends, mais tu ne comprends pas ; tu comprends, mais tu n’agis pas ; tu agis, mais tu agis mal ; tu agis mal, mais tu ne veut pas te corriger ; tu te corriges, mais à contre-cœur … » etc…

Dans un orchestre, avant le concert, on entend les instruments être accordés. Mais ils ne s’accordent pas à leur guise. Non, c’est le premier violon qui tire le la, et tous les autres doivent accorder leur instrument sur cette note-là. Nous aussi, avant de vouloir réconcilier les autres, réconcilions-nous d’abord avec Dieu. Et ensuite seulement, faisons de notre mieux pour détruire les murs, en respectant les faiblesses des autres. Par exemple, ne pas fumer ne pose pas de problème pour vous, mais ce n’est pas forcément le cas pour tous, alors, n’allez pas dire à quelqu’un : « Comment tu peux être aussi stupide à toujours fumer ! » Nous connaissons tous des luttes personnelles, alors, ne soyons pas durs, ne prononçons pas des paroles décourageantes. Apprenons à être des offensés graciés. Cela veut dire, reconnaître que nous avons été victimes. Ensuite, gérons cela. Ne cachons pas tout sous un tapis en niant le problème. Demandons à Dieu de nous guérir. Vous verrez qu’après, nous ne nous mettrons plus aussi facilement en colère.

Souvenez-vous que ce qui est le plus important, ce n’est pas de savoir qui a raison ou qui a tort ; c’est de sauvegarder la relation avec l’autre.

Le monde a grandement besoin de fils de la paix. Apprenons à être des médiateurs, rapprochant les deux parties. L’homme et Dieu ont été séparés, et Dieu, par tous les moyens, a cherché à ramener l’homme à lui, ainsi qu’on le lit en Hébreux 1 :1-2. « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu,  dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses… »
 
Pour terminer, je voudrais vous laisser ces trois mots, apprenez à les utiliser souvent : « Je suis désolé ».

Car c’est par vous et moi que commence la paix dans le monde.

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