Culte du 14 janvier 2007                                                               Pasteur Gilbert Joss

 

Lecture biblique : Marc 2 : 1-12

Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison, et il s’assembla un si grand nombre de personnes que l’espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole. Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes.  Comme ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché.  Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d’eux:  Comment cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul?  Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au dedans d’eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs?  Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche?  Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés:  Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison.  Et, à l’instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant: Nous n’avons jamais rien vu de pareil.

 

Message :

 

On a fêté Noël: cela se voit encore, il y a un sapin décoré dans votre église…

On a fêté les Rois : j’ai remarqué des restes de galette tout à l’heure…

Dans quelques mois, ce sera quoi ? Ce sera Pâques.

Et entre-temps, qu’allons-nous faire ?

 

Voilà pourquoi je vous ai suggéré de vous pencher sur ce texte biblique que nous venons de lire. Analysons les trois sortes de personnes qui y sont, et voyons à quelle catégorie nous appartiendrions, à qui nous pourrions être identifiés.

 

C’est donc l’histoire d’un homme triste. Il est bloqué dans son lit. Il ne peut voir le monde extérieur qu’en regardant à travers la porte, les gens qui entrent et qui sortent. Ou un coin du ciel, par la fenêtre…

 

Mais cet homme, il a quatre amis. Et ces amis décident de faire quelque chose pour lui. Ils ont entendu parler de Jésus, et décident, à quatre, d’amener cet homme jusqu’à Jésus, pour qu’il soit guéri par Jésus.

Mais le problème, c’est qu’ils ne sont pas les seuls à vouloir voir Jésus !  Et lorsqu’ils arrivent, transportant leur ami sur un brancard, la maison où se trouve Jésus est déjà remplie d’une foule dense, qui les empêche d’entrer. Qu’à cela ne tienne, les quatre montent sur le toit, font un trou au plafond, et descendent l’homme paralysé par des cordes, juste devant Jésus…

Il y a donc : le paralysé ; les quatre amis ; et les gens de la foule.

 

Suis-je le paralysé ?  Suis-je les amis ? Ou bien suis-je la foule ?

 

Si vous êtes assis ici, aujourd’hui, alors je peux vous dire que vous n’êtes pas le paralysé. Qui sont alors ces paralysés, ces handicapés qui ne peuvent pas venir à Jésus-Christ ? Il sont légion, dans le monde qui nous entoure, handicapés physiquement, spirituellement, psychologiquement, qui ont des blocages…Exclus ? Pas forcément. Mais exclus du Royaume des cieux, certainement. Ils ne peuvent pas venir à Jésus par eux-mêmes. Qui ira les chercher, donc ?

 

Il y a aussi la foule, et dans la foule, des maîtres de la loi. La Bible nous dit qu’il y avait tellement de monde dans la maison qu’il y avait des gens qui sont restés à l’extérieur, autour de la porte. Question : est-ce que parfois, notre manière de faire, nos habitudes, finissent par empêcher les gens de venir à Christ ? J’ai été pasteur en Belgique, dans le temps, et j’avais un bus à deux étages, un bus à l’impériale, aménagé en coffee-bar. Je pouvais aller partout où je voulais. Et j’effectuais mon travail parmi les jeunes. Je me souviens avoir rencontré un jeune de 14 ans, qui était enfant de la rue. On le jetait hors de chez lui à 7h du matin, et il ne rentrait qu’à 19h, et il n’avait pas les clés de la maison. Peu à peu, il a accepté de venir dans le bus. Et un jour, j’étais à l’église le dimanche, en train de prêcher, quand soudain, on a entendu la porte s’ouvrir à grand bruit, et deux jeunes sont rentrés à vélo, en criant bien fort : « Salut, Gilbert ! Nous voilà ! » Deux jeunes, qui venaient dans une église pour la première fois, qui n’avaient aucune culture d’église. J’étais content de les voir venir ! Enfin ils avaient accepté, après tant d’efforts pour aller vers eux ! Mais savez-vous ce qui s’est passé ? Dans cette église, il y avait des vieux, des anciens. Et je le répète texto – que les jeunes oreilles ne s’en offusquent pas - , à ces deux jeunes qui venaient à l’église, on a dit : « Foutez-moi le camp d’ici, ce n’est pas votre place ! » Pensez-vous qu’ils allaient encore revenir… ? Non…c’était fini…

 

Nous avons notre belle structure, notre liturgie ; il y a d’abord l’introduction, puis les annonces, puis un temps de recueillement personnel, puis on chante quelques cantiques ; après vient le moment des offrandes, puis on lit ensemble la Bible, et après on écoute la prédication du pasteur. On se sent tellement bien entre nous qu’on ne se rend plus compte qu’on devient des exclusifs. Réfléchissez : si quelqu’un venait à s’écrier tout haut, en plein sermon : « Eh, j’ai pas compris ! ça veut dire quoi ? », comment votre assemblée réagirait-elle ?

 

On a nos habitudes, notre façon de faire et de penser…Mais vous savez, ce paralysé ne demandait rien… ! Et Jésus lui dit d’emblée : « Tes péchés sont pardonnés. » Il ne rentre pas dans nos normes. Nous, on a tendance à penser que pour être pardonné, il faut demander pardon. Peut-être aussi verser des larmes, ou je ne sais quoi d’autre. On pense souvent qu’il faut que les autres passent par le même cheminement que nous, par le même chemin.

 

Certes, il y a un seul chemin qui conduit au Père : c’est Jésus-Christ. Il l’a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi. »

 

Mais nulle part dans la Bible nous lisons qu’il y ait un seul chemin qui conduit à Jésus-Christ !

 

Rappelez-vous, la fille de Jaïrus, cette fillette que Jésus a ressuscité. Elle n’a rien demandé : elle était morte ! Mais elle est revenu à la vie à cause de la foi de qui ? De son père.

 

Dans notre récit d’aujourd’hui, la Bible nous dit que Jésus, « voyant leur foi, dit au paralytique : Tes péchés sont pardonnés. » Leur foi, la foi de qui ? Pas celle du paralytique. La foi des quatre amis !

 

Et le jeune homme de Naïn, qu’on portait en terre, avec sa mère qui était veuve et qui n’avait que lui comme enfant. Jésus croise le cortège à la sortie de la ville. Personne ne lui demandait rien ; sans l’intervention de la foi de qui que ce soit, Jésus prend l’initiative de le ressusciter !

 

Soyons donc ouverts. Ne raisonnons pas comme des docteurs de la loi. Ne pensons pas que tout le monde doit penser et faire comme nous. La pensée unique n’existe pas dans l’Eglise. Réfléchissons : comment accueillons-nous dans l’église ceux qui ne sont pas comme nous ?

 

Nous arrivons maintenant à la 3ème catégorie : celle des amis  du paralytique. Ah, ceux-là, ils me plaisent énormément ! Ils ont de l’audace, ils font preuve de courage, de persévérance, et de foi. Ils se mettent ensemble, et font la démarche d’aller vers le paralysé, dans son contexte, dans son milieu. Et ça, c’est dangereux. Mes amis, il ne faut pas sortir tout seul, ce serait suicidaire, mais apprenons à travailler en équipe. Dieu nous appelle à être une sorte de SAMU spirituel, pour sortir vers les gens dans le besoin, et les amener, non pas à nous-mêmes, ni même à l’église, mais à Jésus-Christ. Sachons aussi que ce faisant, nous allons être confrontés à l’opposition de certains, des anciens, car cela bousculera leurs habitudes. Et ils vont parfois vous mettre des bâtons dans les roues.

 

Mais en cette nouvelle année, je vous encourage à le faire. A être des brancardiers spirituels. Il suffit qu’on amène les gens jusqu’à Jésus. Ce qui se passe après n’est plus notre affaire. Ce sera entre Jésus-Christ et eux. Car ce n’est pas nous qui convertissons. C’est le Saint-Esprit.  Or, nous avons parfois tendance à vouloir faire le travail du Saint-Esprit et à nous vanter : « J’ai fait deux convertis, trois convertis… » Nous n’amenons pas non plus les gens à l’église : dans le Nouveau Testament, il est dit quoi ? « Le Seigneur ajoutait à l’Eglise les convertis ». C’est le Seigneur qui le fait.

 

Ayons de la compassion, et aussi « du culot », pour les personnes de l’extérieur.

 

Soyons de vrais amis.


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