Culte du 08 avril 2007                                                      Prédicateur : Pasteur Nguyen

« Celui que tu aimes est malade  »

Lecture biblique :

Evangile de Jean 11 : 1-6

Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur.  C’était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade. Les sœurs envoyèrent dire à Jésus: Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade.  Après avoir entendu cela, Jésus dit: Cette maladie n’est point à la mort; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare.  Lors donc qu’il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était.

Message :

Un jour, une petite fille aperçut un oiseau mort au bord du chemin. Elle demanda à son père : « Est-ce que le petit oiseau est mort ? » Son père a répondu : « Oui. » Alors elle a poursuivi : « Mais pourquoi est-ce qu’il est mort ? ». Prenant un air grave, son père s’est arrêté et a dit : « Tout ce qui a de la vie doit mourir un jour. » La petite fille ne pouvait pas le comprendre. Elle a dit : « Tout ce qui a de la vie doit mourir ? Mais alors, et toi, papa ? Et maman ? Et moi ? » Avec affection, le père s’est tourné vers elle et a dit : « Tu ne comprends pas maintenant, mais j’espère que tu pourras grandir, et avoir une vie bien remplie, avant de quitter ce monde. C’est ici la sagesse du Dieu Tout-Puissant. La vie a un terme et ce terme, c’est la mort. C’est le seul moyen pour que les hommes sachent que la vie est précieuse. Si on pouvait avoir quelque chose pour toujours, on ne se rendrait pas copte de sa valeur. »

Cette réponse du père à sa fille, que tout ce qui est vivant doit mourir un jour, est une réalité. La mort fait partie de l’existence. C’est le destin auquel chacun doit faire face. Mais de quelle façon, nous chrétiens, devrions-nous l’aborder ?

Ce matin, nous fêtons Pâques, la résurrection de Jésus, et j’ai choisi ce passage relatant la résurrection de Lazare pour que nous voyions ensemble comment Jésus voit la mort.

Tout comme lorsqu’on jette un caillou dans l’eau, lorsque la mort frappe quelqu’un, elle ne le touche pas elle seule, mais atteint, par cercles concentriques, sa famille, ses proches, ses amis et son entourage. Cela provoque chez tous une réflexion sur le sens de la vie et de la mort.

Dans l’évangile, on nous parle d’une famille, composée d’un frère et de deux sœurs, aimants et unis, craignant Dieu et  plein de bonté envers les autres. Jésus, de nombreuses fois, a bénéficié de leur hospitalité lorsqu’il allait prêcher dans leur région, et ils étaient devenus de proches amis. Jésus les aimait, et ils aimaient Jésus. Rien qu’à travers l’expression « Celui que tu aimes », on voit que les deux sœurs avaient confiance en l’affection de Jésus pour eux.

Mais à cette admirable famille est soudain arrivé une épreuve : Lazare tombe malade. Nos voyons ainsi que la maladie n’épargne pas ceux qui craignent et aiment Dieu. Etre chrétien ne signifie pas que notre vie sera sans heurt et sans coup dur. Au contraire, Dieu permet souvent l’épreuve, afin de nous apprendre à compter sur lui, et les leçons qu’il prodigue à ceux qui l’aiment sont parfois plus difficiles que pour les autres. Mais dans le même temps, c’est dans la vie de ceux qui l’aiment que le Seigneur accomplit de plus grandes choses également. Et dans chaque épreuve, nous ne frappons pas à une porte sourde, ni ne restons sans secours.

De quoi a besoin quelqu’un qui est malade ? Assurément, d’aller voir un médecin. Parfois, il suffit de prendre de simples médicaments ; dans d’autres situations, la maladie exigera des traitements plus complexes. Il y a de plus ou moins bons médecins. Mais aucun, même pour ceux qui ont le plus d’expérience, ne peut affirmer catégoriquement comme Jésus, à la nouvelle de la maladie de Lazare : « Cette maladie n’est pas pour la mort. » Nous tous, nous avons l’occasion de tomber malade. Et c’est souvent la maladie qui est cause de mort, de séparation d’avec nos êtres chers. 

Ce que Jésus voulait dire, ce n’était pas que Lazare ne mourrait pas. Mais que la finalité de cette maladie n’était pas la mort. Lincoln, le premier président des Etats-Unis, a dit : « Dieu n’a pas créé les êtres humains pour qu’il vivent un temps. Il les a créés pour l’éternité. » Oui, même si notre vie sur terre durait jusqu’à 100 ans, ce ne serait toujours rien comparé au temps que nous passerons dans l’éternité.

Dans cette vie, nous avons beaucoup de besoins. Mais une fois mort, de quoi avons-nous besoin ? De revivre. L’évangile de Jean, au chapitre 8, décrit, à travers l’histoire de la femme adultère prise sur le fait, l’humanité pécheresse. Au chapitre 9, il décrit l’humanité atteinte de cécité. Au chapitre 11, il décrit l’humanité comme malade, et morte. Mais, entre tous ces chapitres, il y a le chapitre 10, où Jésus dit : « Je ne suis pas venu pour condamner. Je suis venu pour sauver. »

Jésus est la porte de la vie. C’est le plan merveilleux de Dieu pour nous, que la mort ne soit pas une finalité pour nous, mais qu’elle soit un passage pour nous faire entrer dans la vie éternelle. Jésus le dit dans sa prière sacerdotale, en Jean 17 :24 : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. »

Comment obtenir la vie éternelle ? En croyant. Par la foi.

Lorsque Jésus a parlé aux disciples de la maladie de Lazare, même ses disciples les plus proches n’ont su le comprendre. Thomas, croyant offrir ainsi à Jésus la preuve suprême de sa foi, a dit : « Allons avec lui, et mourons avec lui. » Mais est-ce cette foi que Jésus désire ?

Marthe, lorsque Jésus est arrivé auprès d’elle, s’est écriée : « Seigneur, si seulement tu avais été ici durant la maladie de Lazare, il ne serait pas mort… » Ses paroles dénotent une grande foi en Jésus : elle croit qu’il a été capable d’accomplir de grandes œuvres et de grandes guérisons dans le passé. Elle croit aussi qu’il ressuscitera Lazare au jour du jugement, à la fin des temps. Elle croit aussi de façon générale à ce que Jésus peut faire : « Tout ce que tu demanderas à Dieu, je sais que Dieu te l’accordera. » Mais il lui manque la foi pour l’instant présent. C’est une erreur qui nous est commune à nous aussi. Nous disons volontiers : « Oui, un jour, je serai victorieux. Mais aujourd’hui, non, ce n’est pas possible… »

Que lui a répondu Jésus ? Il ne lui a pas promis la vie, la résurrection, comme des choses qu’il accorde, en don, ou en récompense. Non, il lui dit : « Je suis la résurrection et la vie. » En fait, la résurrection n’est pas quelque chose qui concerne le futur. C’est quelque chose qui englobe le passé, le présent et l’avenir. Puisque Christ est la résurrection, alors, nous qui avons Christ, nous avons la résurrection, nous l’expérimentons maintenant chaque jour. C’est ce que dit Romains 6 :4 :  « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. » Cette vie de résurrection de Jésus nous fait expérimenter la victoire, et fait de nous des créatures nouvelles. Et c’est un changement que les autres pourront voir en nous.

C’était une répétition de chorale, et le chant était : « Jésus vit. ». Tout d’un coup, le chef de chorale a interrompu celui qui le chantait en solo : « Crois-tu que Jésus soit vivant ? » Après un moment de réflexion, la personne a dit : « Oui, je le crois, et je crois qu’il vit en moi. » Le chef de chorale a fait un signe d’approbation, puis a dit : « Bon, maintenant, chante ce chant avec ton cœur. » Le résultat a été bouleversant. Dans l’auditoire, beaucoup se sont mis à pleurer. On peut connaître le Seigneur avec la tête, l’esprit, mais il faut que cela touche notre cœur.

Au verset 33, nous lisons que Jésus, arrivé à la tombe de Lazare, pleura. Sur quoi a-t-il pleuré ? Sur la souffrance qu’il voit autour de lui, sur les conséquences de la mort, sur l’impuissance de l’humanité à résoudre ce point. Jésus a pleuré parce qu’il était rempli de l’amour de Dieu pour l’humanité prisonnière de la mort, comme le dit Jean 3 :16 : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas  mais qu’il ait la vie éternelle. » Et il est venu nous en sortir. Il est venu jusqu’au milieu de notre mort, pour nous délivrer.

Puis Jésus a ordonné qu’on ôte la pierre qui ferme le tombeau, et il a crié d’une voix forte : « Lazare, sors ! ».  Aujourd’hui encore, Jésus nous appelle, chacun de nous, par notre nom. « Pasteur Nguyen, sors ! »

C’est un appel personnalisé pour chacun d’entre nous. Un jour, il reviendra nous cherche, comme promis, et il nous appellera par notre nom. Ceux qui l’auront reçu entendront sa voix. Mais il faut pour cela l’avoir reçu dans votre cœur.

 

Puissions-nous le faire dès aujourd’hui, et entrer dans la vie de victoire et de résurrection que Jésus donne à ceux qui croient en lui !

 

 

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